Guide — 26 septembre 2026
Écrire ses mémoires : une méthode simple, jusqu’au livre imprimé
Pour ceux qui veulent laisser une trace à leurs enfants et petits-enfants, sans être écrivains ni à l’aise avec un ordinateur. Par où commencer, comment faire revenir les souvenirs, comment parler des autres sans les blesser, et comment finir avec un vrai livre entre les mains.
Écrire ses mémoires n’a rien à voir avec écrire un roman. Il n’y a pas d’intrigue à inventer : tout est déjà là. La difficulté est ailleurs — il y a trop de matière, elle arrive dans le désordre, et l’on ne sait pas par quel bout la prendre. Ce guide propose une méthode en étapes courtes, qui fonctionne aussi bien avec un cahier qu’avec un ordinateur.
1. Commencer par le vrac, pas par la naissance
L’erreur la plus fréquente est de commencer par « Je suis né le… » et d’avancer année par année. Au bout de trois pages, on est encore à l’école primaire, on s’ennuie, et l’on arrête.
Commencez plutôt par une liste. Pendant une semaine, notez chaque souvenir qui vous revient, en une ligne, sans l’écrire : « la ferme de l’oncle Émile », « le premier appartement à Liège », « le jour où papa a vendu la voiture ». Pas de phrases, pas d’ordre. Au bout de quelques jours, vous aurez plusieurs dizaines de lignes, et vous verrez déjà ce qui compte pour vous : les souvenirs qui reviennent plusieurs fois sont ceux qui méritent un chapitre.
2. Poser une chronologie de vie, en grandes étapes
Une fois la liste faite, tracez les grandes périodes de votre vie. Cinq à dix suffisent : l’enfance, les études ou l’apprentissage, le premier travail, le mariage, les enfants, un déménagement, la retraite. Rangez ensuite chaque ligne de votre liste dans une de ces périodes.
Cette chronologie sert de squelette. Elle n’a pas besoin de dates précises : « l’été après le service militaire » ou « vers 1965 » suffisent. Elle vous évitera de vous perdre, et elle aidera vos lecteurs à se repérer.
3. Écrire par thèmes plutôt que dans l’ordre strict
Un livre de souvenirs n’est pas un registre d’état civil. Beaucoup de mémoires se lisent mieux quand chaque chapitre suit un fil : la maison d’enfance, le métier, la guerre ou l’exil si vous les avez vécus, les amis de toute une vie, la cuisine de votre mère. Un chapitre peut couvrir quarante ans s’il raconte une seule chose.
L’ordre chronologique reste utile pour ranger les chapitres entre eux. Mais à l’intérieur de chacun, suivez le sujet. Et surtout, écrivez d’abord le chapitre qui vous tient le plus à cœur, même s’il se situe au milieu de votre vie. Vous le mettrez à sa place plus tard.
4. Interroger ses souvenirs
La mémoire ne répond pas bien aux questions générales. « Parlez de votre enfance » ne donne rien ; « qu’y avait-il sur la table de la cuisine ? » fait revenir une scène entière. Quelques questions qui marchent :
- Les sens Une odeur, un bruit, un goût attaché à un lieu. Le parquet qui grinçait, la soupe du vendredi, la sirène de l’usine à midi.
- Les objets Ouvrez une boîte de photos, une vieille carte d’identité, un livret de famille. Chaque objet est une porte : décrivez-le, puis racontez ce qui s’est passé autour.
- Les phrases entendues Ce que votre père répétait, le mot qu’une institutrice vous a dit un jour. Une phrase rapportée fait vivre une personne mieux qu’un portrait.
- Les premières fois, les dernières fois Le premier salaire, la dernière visite à la maison de famille avant sa vente.
- Les autres Un frère, une cousine, un ancien collègue se souviennent autrement. Une conversation avec eux fait souvent remonter ce que vous aviez oublié — et corrige ce dont vous étiez sûr à tort.
5. Parler des autres avec prudence
Vos mémoires parlent de vous, mais aussi de vos parents, de votre conjoint, de vos enfants, de voisins, d’anciens collègues. Ces personnes, vivantes ou non, et leurs proches, ont eux aussi droit au respect de leur vie privée : en France, c’est l’article 9 du Code civil, et le même principe existe en Belgique et dans les autres pays européens. Ce guide ne donne pas de conseil juridique ; si votre livre doit être vendu ou largement diffusé et qu’il touche à des sujets sensibles, un avis professionnel vaut la dépense.
Pour un livre destiné à la famille, quelques précautions de bon sens :
- Racontez ce que vous avez vécu, pas ce que vous supposez « Je ne l’ai jamais vu rentrer avant minuit » est un souvenir ; « il avait une maîtresse » est une accusation.
- Faites relire les passages délicats Aux personnes concernées quand c’est possible. On découvre souvent qu’elles ont vécu la même scène autrement, et le texte y gagne.
- Changez un prénom, ou taisez un détail Quand un épisode compte pour votre histoire mais n’apporte rien à identifier quelqu’un.
- Gardez deux versions si besoin Une pour vous, complète, et une pour le livre offert.
6. Tenir un rythme qui ne fatigue pas
Ce qui fait finir un livre de souvenirs, c’est la régularité, pas la longueur des séances. Une demi-heure trois matins par semaine, avec un seul souvenir à raconter par séance, avance beaucoup plus qu’une journée entière par mois. Arrêtez-vous au milieu d’un souvenir plutôt qu’à la fin : vous saurez par où reprendre la fois suivante.
Ne corrigez pas en écrivant. Les fautes, les répétitions, les phrases trop longues se reprennent à la fin, en une fois. Si vous relisez tout à chaque séance, vous passerez votre temps sur les trois premiers chapitres.
7. Faire un livre de ses mémoires, à offrir
Le moment le plus émouvant arrive à la fin : tenir le livre imprimé. Pour y arriver, il faut transformer votre texte en un fichier PDF, le format qu’acceptent les imprimeurs.
- Choisir un format de livre Un format proche du roman broché (autour de 14 × 21 cm) se tient bien en main et se lit confortablement. L’A4 fait rapport administratif.
- Relire sur papier avant d’imprimer en nombre Imprimez une fois chez vous ou commandez un seul exemplaire. On voit sur papier ce qu’on ne voit jamais à l’écran.
- Passer par un imprimeur en ligne ou un imprimeur de quartier Les sites d’impression à la demande permettent de commander quelques exemplaires seulement, pour la famille. Chacun a ses exigences techniques — format exact, marges, couverture séparée, polices incluses dans le PDF : lisez leur guide avant d’envoyer votre fichier, et demandez un devis, les prix variant beaucoup selon le nombre de pages et d’exemplaires.
- Prévoir la couverture à part La plupart des imprimeurs demandent un fichier séparé pour la couverture, avec le dos dont la largeur dépend du nombre de pages. Leur site fournit en général un gabarit.
Écrire ses mémoires avec un logiciel : ce que plume apporte
Un cahier suffit pour commencer. Mais quand les souvenirs dépassent la centaine de pages, un logiciel pour écrire ses mémoires évite de chercher dans trois cahiers et quatre fichiers Word où vous aviez raconté la ferme de l’oncle Émile. plume a été conçu pour le roman ; voici ce qui en sert directement pour un récit de vie.
- Une boîte à idées pour la liste en vrac Chaque souvenir noté en une ligne y attend son tour, au lieu de se perdre sur un papier.
- Une chronologie aux dates libres Vous y posez les grandes étapes de votre vie, et les dates s’écrivent comme vous vous en souvenez : « 1962 », « l’hiver de la grande neige ». Les blocs se déplacent à la souris.
- Des chapitres dans l’ordre que vous voulez Parties et chapitres se réordonnent en les faisant glisser. Écrivez le chapitre qui vous tient à cœur, rangez-le plus tard.
- Une fiche par proche Les fiches de personnages servent ici pour la famille : dates, lieux, souvenirs attachés à chacun. Dès que le prénom apparaît dans votre texte, la fiche indique dans quels chapitres vous parlez de cette personne — pratique pour retrouver, avant de faire relire, tout ce que vous avez écrit sur elle. Les fiches sont pensées pour le roman : leurs rubriques de départ se renomment ou se suppriment.
- Rien ne se perd Le texte s’enregistre pendant que vous tapez, sans bouton à chercher, et plume garde une copie datée de chaque chapitre retouché. Un passage effacé par erreur se retrouve.
- Un PDF au format d’un livre L’export passe par la fenêtre d’impression de votre ordinateur, qui propose « Enregistrer au format PDF ». Trois formats : A4, format roman (14 × 21,6 cm) ou format poche (11 × 18 cm), avec texte justifié, césures et lettrine en tête de chapitre. L’export Word permet aussi de confier le texte à un relecteur ou à un imprimeur qui préfère ce format.
Ce que plume ne fait pas pour des mémoires
Il faut le dire avant que vous l’installiez : plume n’insère pas de photos dans le texte. Si votre livre doit mêler souvenirs et images, il faudra une étape de mise en page dans un autre outil, ou passer par le service d’un imprimeur qui la propose. Le PDF de plume ne numérote pas non plus les pages et ne compose pas de sommaire : pour un livre de famille de quelques dizaines d’exemplaires, c’est souvent acceptable ; pour un livre plus soigné, prévoyez cette dernière étape ailleurs. Enfin, plume fonctionne sur Mac (à puce Apple uniquement) et sur Windows 10 ou 11, pas sur tablette.
Pourquoi garder ces textes hors du cloud
Des mémoires contiennent ce qu’on ne raconte pas en public : une maladie, un divorce, un secret de famille, des jugements sur des gens encore vivants. Beaucoup de services en ligne proposent aujourd’hui d’écrire ses mémoires avec eux, parfois avec une intelligence artificielle. Leur fonctionnement suppose que votre texte soit envoyé et conservé sur leurs serveurs, selon des conditions d’utilisation qui peuvent changer.
plume fonctionne autrement : pas de compte, pas de mot de passe, pas de synchronisation en ligne. Votre texte reste sur votre ordinateur. L’aide à la rédaction — corriger les fautes, proposer un autre mot, reformuler une phrase qui résiste — tourne elle aussi sur votre machine, et ce qu’elle lit ne sert à entraîner aucun modèle. La contrepartie : c’est à vous de faire une copie de sauvegarde, sur une clé USB ou un disque externe. Faites-la. Des souvenirs écrits en deux ans ne se réécrivent pas.
Côté prix, l’éditeur est gratuit à vie après quatorze jours d’essai, sans compte ni carte bancaire. Seule l’aide à la rédaction est payante, une fois (détail des prix). Pour voir comment plume se situe face aux autres logiciels, le comparatif dit aussi où il perd ; et si la présentation du texte vous préoccupe, le guide sur la typographie française vaut aussi pour un livre de souvenirs.
Vos souvenirs, sur votre ordinateur et nulle part ailleurs
Des chapitres qu’on déplace, une chronologie, une fiche par proche, et un PDF au format d’un livre à la fin. Sans compte, sans abonnement, sans rien envoyer en ligne.
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